2020 à 2030 : quels sont les objectifs gouvernementaux d’investissement dans l’énergie verte ?

énergies vertes

Les énergies vertes ou renouvelables ont sans conteste le vent en poupe. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’énergies d’avenir propres, destinées à remplacer les énergies fossiles coûteuses et polluantes. Cela fait maintenant quelques années qu’un changement en profondeur a été initié par le gouvernement français (et les gouvernements en général) avec notamment la Prime Eco Energie, dans le but d’inciter particuliers comme professionnels à changer leur fusil d’épaule. Mais est-ce suffisant ? Fin 2019, l’IRENA (Agence Internationale pour les Energies Renouvelables) dans son dernier rapport préconise de doubler les investissements sur la prochaine décennie. Le point. 

Des objectifs ambitieux en réponse à une urgence écologique 

Pour l’IRENA et les autres acteurs de l’énergie et du développement durable, les énergies renouvelables ont un impact majeur pour remédier aux problèmes de sécurité énergétique et de volatilité des prix de l’énergie. Elles permettraient également de stabiliser notre système climatique actuel tout en étant à la hauteur de la hausse des besoins en énergie à travers le monde. Une solution miracle donc, pourtant pas encore exploitée suffisamment, du point de vue de l’IRENA. 

Doubler le budget d’investissement d’ici à 2030 

Dans son dernier rapport d’activité partagé chaque année à ses membres (10 years: Progress to Actionl’IRENA dresse un constat mitigé sur l’utilisation actuelle de l’énergie. Il est acté que les progrès menés ces dernières années ont permis d’initier une démarche globale de transition énergétique. Mais cette transition doit s’accélérer. 

Objectif ? Passer de 330 milliards à 740 milliards de dollars / an d’investissement sur la prochaine décennie. Pour atteindre cet objectif, l’agence préconise de réinvestir une partie des 10 000 milliards de dollars prévus d’ici 2030 pour l’investissement dans les énergies fossiles. Ce montant atteindrait même 18 600 milliards jusqu’en 2050 ! Lorsque l’on sait que la production de charbon à elle seule est responsable d’1/3 des émissions de CO2 à l’échelle du globe, on n’a pas vraiment de mal à comprendre comment sa réduction pourrait impacter notre système climatique… Alors, pourquoi ne pas effectivement utiliser ces fonds de façon différente pour réduire notre bilan carbone et consommer mieux ? Doubler la part des investissements dans le renouvelable apparaît indispensable pour préserver notre mode de vie. 

L’IRENA, c’est quoi ? 

L’IRENA est une agence internationale créée en 2009. Ses objectifs ? Systématiser des pratiques durables à l’échelle internationale pour les pays membres, engager une discussion et inciter à l’implémentation fiable de politiques liées aux énergies renouvelables. L’IRENA agit à tous les niveaux, depuis la formation et l’éducation des pays membres à l’encouragement de la recherche et au déploiement de nouvelles technologies… L’agence assure également les échanges avec d’autres organisations œuvrant dans un but similaire comme l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), fondée en 1974 suite à la crise pétrolière et ayant pour but d’assurer la sécurité énergétique des pays membres. L’IRENA est financée par contribution obligatoire de ses membres (plus de 160 à l’heure actuelle, ou 5 fois plus que l’AIE) et fixe ses objectifs en partie en fonction des priorités nationales, pour des résultats atteignables. 

Appuyer l’implication internationale dans les énergies renouvelables, ça passe par quoi ? 

Une prise en main ferme pour des avantages conséquents 

La voie pour l’atteinte de ces objectifs, c’est de commencer à mettre en place des politiques plus fermes à l’échelle nationale, à repenser ses stratégies d’investissement. Mais cela doit partir d’une impulsion volontaire de la part du gouvernement, via la création de cadres d’investissement attractifs, par exemple. 

L’IRENA atteste qu’en doublant les investissements actuels, il serait possible de doubler également la part des énergies renouvelables dans le monde d’ici 2030, pour passer de 26% à 57% de l’électricité produite, notamment. Cela permettrait une meilleure gestion de l’énergie, nécessaire pour contenir le changement climatique auquel nous sommes en train de faire face. Car selon les experts de l’IRENA, il serait effectivement encore temps de contenir celui-ci en effectuant les changements énoncés ! En favorisant les énergies renouvelables, l’on pourrait voir émerger des avantages économiques considérables, comme la création d’emplois, par exemple. L’IRENA prévoit une multiplication par 4 du nombre d’employés du secteur d’ici à 2050, si tant est que les délais soient respectés… 

Quelles énergies renouvelables sont les plus porteuses selon l’IRENA ? 

Lorsque l’on parle d’énergies renouvelables, l’IRENA entend : la bioénergie, l’énergie hydroélectrique, l’énergie solaire, le géothermique, l’énergie éolienne ou encore l’énergie des océans et des vagues (marémotrice). Parmi celles-ci, lesquelles devrait-on voir se développer sur la prochaine décennie ?  

Pour l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables, il s’agirait avant tout de développer la part du solaire (représentant seulement 2% au niveau mondial) et de diffuser davantage le modèle éolien (13% des énergies renouvelables actuelles). D’ici 2030, le solaire et l’éolien pourraient d’ailleurs suffire à couvrir 1/3 des besoins en énergie de la planète ! 

Ceci est d’autant plus préconisé que les coûts de ces énergies sont relativement faibles et amenés à se réduire encore plus d’ici les prochaines annéesLe prix de l’énergie en centrales solaires a par exemple été divisé par 9 en 10 ans et se présage encore une diminution allant jusqu’à 90% supplémentaires d’ici 10 ans… A l’heure actuelle, on compte environ 40 dollars le MWh, un prix abordable qui fait déjà du solaire la source d’énergie la moins coûteuse dans plusieurs zones géographiques. Et le prix d’autres technologies à base d’énergies renouvelables a connu la même évolution. On observe déjà – 14% pour la bioénergie et – 12% pour l’hydroélectricité, par exemple.

Une chose est sûre : les énergies renouvelables constituent une alternative fiable d’avenir et permettraient de stabiliser à la fois le climat et les gouvernements actuels. Dans quelle mesure les objectifs fixés seront-ils tenus ? Il nous faut attendre pour le savoir… Entre temps, pourquoi ne pas, à votre échelle, commencer à intégrer les énergies renouvelables dans votre quotidien ?